#RDVAncestral n°8 : Henri Camus, la Racine et le Chêne
L'imprimante cesse son bourdonnement rythmé, crachant la dernière feuille du manuscrit avec un chuintement mécanique. Emile la saisit, l'encre encore tiède sous ses doigts, et l'ajoute à la pile immaculée qui trône sur son bureau de chêne. C'est fait. Après des mois d'investigations, de nuits blanches passées à déchiffrer des calligraphies impossibles et à croiser des données cadastrales, son article sur l'histoire de Phalempin est terminé.
Il se laisse retomber dans le cuir usé de son fauteuil, poussant un long soupir qui fait voler quelques poussières dans le rai de lumière traversant la pièce. Dehors, le ciel du Nord a cette teinte particulière, un gris lumineux, presque argenté, qui précède souvent les averses de janvier. Cela fait maintenant près de huit ans qu'il habite Phalempin. Huit années à parcourir ses rues, à saluer ses voisins, à vivre au rythme de cette commune du Carembault, sans jamais vraiment s'être plongé dans ses entrailles archivistiques. Ses recherches l'ont mené à Leforest, Douai, Lille, traquant les Suerinck et les Dhainaut à travers les siècles, mais la terre qui porte ses pas quotidiens a été étrangement négligée.