Le Lion contre le Lys : La Bataille de Mons-en-Pévèle – 1304

Devant le tableau où la Bataille de Mons-en-Pévèle s'embrase sous le pinceau de Larivière, le temps semble déposer sa patine rêveuse. Les couleurs flamboyantes, ce chaos maîtrisé, réveillent en moi l'écho lointain de l'enfant dévorant des yeux ces scènes épiques dans ses livres d'Histoire, croyant presque entendre le fracas des armes. Mon regard parcourt la toile, du Roi, figure centrale presque irréelle de courage, jusqu'à cette colline discrète où se blottit le village sous un ciel lourd, cœur vibrant d'une Pévèle aimée, guettée depuis ma lisière d'enfance. Je m'attarde sur les silhouettes anonymes figées dans la tourmente, ces combattants sans nom, quand soudain la mémoire fait un bond, guidée par un acte retrouvé dans les archives : Jean Delmer, né bien après ce tumulte, en 1575, à Mons-en-Pévèle, sur cette même terre. Point culminant de la longue lignée de mon aïeul... Ses ancêtres, alors, étaient-ils de ces ombres indistinctes que l'artiste a saisies dans la fournaise de 1304 ? La toile devient une interrogation muette, plus qu'une fenêtre sur le passé, faisant naître ce désir nostalgique de traverser le geste peint pour écouter le murmure des vies emportées ce jour-là, et peut-être y reconnaître le souffle lointain de mes propres racines. Dans le silence de la toile résonne une interrogation troublante : comment le serment qui unissait autrefois ces hommes a-t-il pu se dissoudre pour laisser place à ce déchaînement meurtrier ?

Lire plus »

Vendeville et Sainte Rita : De paroisse à ville Sanctuaire de France

Chaque jour, ils sont des centaines, le cœur chargé d'espoirs fragiles, à franchir la grande porte du Sanctuaire Sainte-Rita à Vendeville. Ils viennent confier leurs peines, murmurer les soucis qui les accablent, les leurs ou ceux d'un être cher. Puis, ils s'en vont, laissant souvent derrière eux la flamme vacillante d'une bougie, fragile lueur dans l'obscurité de leurs vies. Les murs, couverts d'innombrables ex-voto, semblent murmurer les prières exaucées, les remerciements silencieux de ceux qui ont trouvé ici un peu de réconfort. Chaque année, le 22 mai, la foule se presse, immense et recueillie, pour rendre hommage à la sainte des causes perdues. Un flot humain qui semble porter en lui le poids des siècles, la persistance d'une foi qui traverse le temps. Mais... comment expliquer cette ferveur, ici, dans ce coin paisible du Nord ? D'où vient cette dévotion, si profonde, si ancrée, qui attire à Vendeville tant d'âmes en quête d'un peu de lumière ?

Lire plus »